Bilan 2013 de la sécurité dans le département de la Somme

 
 
Bilan 2013 de la sécurité dans le département de la Somme

Jean-François Cordet, préfet de la région Picardie, préfet de la Somme a présenté le vendredi 24 janvier 2014 le bilan 2013 de la sécurité dans le département de la Somme.

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1/ Consolider la lutte contre toutes les formes de délinquance dans le département

Les résultats en progression obtenus dans la lutte contre les violences faites aux personnes doivent être prolongés

L’ensemble des atteintes aux personnes est en baisse de près de 4% (-3,94%) soit 192 faits de moins sur le département. Si les violences physiques non crapuleuses (violences « gratuites ») poursuivent leur baisse (-4,96%) en 2013, on dénombre une augmentation de 7 faits des violences crapuleuses. Les actions de prévention contre cette délinquance d’appropriation, liée notamment au développement des « smartphones » se poursuivra cette année encore. Ces actions seront particulièrement renforcées dans les établissements scolaires.

Les services de police et de gendarmerie ont enregistré en 2013 une baisse de 3,64 % du nombre de violences sexuelles passant ainsi de 330 faits en 2012 à 318 faits en 2013 (données DCPJ). Les faits de harcèlement et autres agressions sexuelles sur mineurs baissent de 11,03% (soit 16 faits de moins) tandis que les mêmes faits sur majeurs sont en légère hausse de 10,53% (6 faits de plus). Les violences les plus traumatisantes, les viols, sont quant à eux toujours en baisse, avec une diminution de –3,92% des faits par rapport à l’an dernier.

Le travail remarquable des travailleurs sociaux dans les Commissariats et brigades du département, financés par l’Etat (FIPD) et le Conseil général s’est poursuivi cette année. En 2012, 832 personnes ont été reçues en secteur police et 932 fiches d’intervention et de liaison avaient été reçues par les travailleurs sociaux des brigades de gendarmerie. 50% des situations rencontrées par les travailleurs sociaux en commissariats et brigades ne sont pas connues du service social de secteur. Signé en décembre 2013, la nouvelle convention d'affectation de travailleurs sociaux en commissariats de police et brigades de gendarmerie du département de la Somme consolide cette action. Les actions de prise en charge des victimes et des auteurs se poursuivront en 2014.

La prévention de la délinquance sera particulièrement renforcée en 2014 avec la mise en œuvre du plan départemental de prévention de la délinquance (PDPD) signé en décembre 2013 par le préfet, le président du Conseil général de la Somme et le procureur de la République.

Le nombre de cambriolages enregistre une nette baisse, qui devra être consolidée en 2014

Les atteintes aux biens sont en baisse de –5,03% cette année (contre une hausse de 6,70% l’an passé). Cette réduction est liée à une baisse marquée des cambriolages de –7,18% cette année, en particulier dans les zones rurales particulièrement touchées par le phénomène (-13,11%). Les efforts engagées tout au long de l’année 2013, dans le cadre du plan départemental de lutte contre les cambriolages, ont porté leurs fruits et ont permis de démanteler des équipes et filières spécialisées dans une délinquance sérielle et itinérante.

Afin de consolider l’action contre les cambriolages :

  • Le plan départemental de lutte contre les cambriolages sera actualisé et adapté aux nouvelles menaces ;
  • L’action de la cellule anti-cambriolage, cellule d’échange d’information opérationnelle entre services de police et de gendarmerie sera consolidée ;
  • Les opérations anti-cambriolages seront poursuivies sur les grands axes, avec l’appui de moyens aériens ;
  • Les actions de prévention seront poursuivies (diffusion de bons réflexes contre les cambriolages à travers des plaquettes départementales et des marque-pages, développement des opérations « tranquillité absence » – près de 2000 personnes inscrites pour la seule zone gendarmerie –, actions de sensibilisation à destination des élus ruraux grâce à des « kit prévention » – près de 170 réunions publiques cette année dans les zones rurales).

Les forces de l’ordre apporteront une attention toute particulière aux vols à la roulotte, qui ont connu une nette augmentation de 16,96% cette année.

Enfin, les escroqueries et les infractions économiques et financières sont relativement stables (+46 faits, soit +2,19%). Elles constituent toutefois une préoccupation, et pour lutter contre des équipes opérant souvent depuis l’étranger, des actions de prévention ciblées seront développées en 2014 (notamment à destination des seniors et des chefs d’entreprises).

L’activité des services de police et de gendarmerie, soutenue en 2013, se poursuivra en 2014

2 340 infractions ont été révélées par l’action des services en 2013 contre 2 083 en 2012 soit une hausse de 12,34 %. Parmi ces infractions, celles relatives à la législation sur les stupéfiants sont en hausse de 27,53% sur le département. Cette hausse est particulièrement sensible dans les zones urbaines (+44,68%). Elle témoigne de l’intense activité des services de police et de gendarmerie.

Le taux d’élucidation global des faits de délinquance est en hausse, passant de 39,27% en 2012 à 41,5% en 2014, marquant la qualité des procédures et enquêtes réalisées.

2/ La délinquance dans la ZSP Amiens Nord et dans les quartiers

Pour rappel, fondée sur la proximité et la réappropriation du terrain, la coordination entre les services, l’ancrage territorial des stratégies de lutte contre la délinquance et le renforcement des liens entre forces de l’ordre et population, la ZSPZone de Sécurité Prioritaire Amiens Nord produits de très bons résultats reconnus par tous.
  

Des objectifs ciblés sur les grandes attentes de la population

Le plan d’action de la ZSPZone de Sécurité Prioritaire comporte 4 objectifs :

  • la diminution des violences urbaines ;
  • la diminution du nombre de vols avec violences (notamment les car-jacking et les bike-jacking) et d’atteintes aux personnes commises sur la voie publique ;
  • le démantèlement de réseaux de trafics de stupéfiants et la lutte contre l’économie souterraine ;
  • la réduction des atteintes à la tranquillité publique

La ZSPZone de Sécurité Prioritaire, une « méthode au service de l’action »

La ZSPZone de Sécurité Prioritaire Amiens nord a initié une nouvelle méthode de travail des acteurs locaux, fondée sur leur coopération opérationnelle. Deux instances de pilotage, qui se réunissent chaque semaine, ont été mises en place :

  • Le comité opérationnel de coordination de la sécurité intérieure (COCSI), placé sous la co-direction du préfet et du procureur de la République. Il permet les échanges d’information entre la police, le parquet et le cabinet du préfet, et aiguille les opérations ainsi que les mesures de police administrative (arrêtés d’interdictions…).
  • Le comité opérationnel des partenariats (COP), placé sous la co-direction du préfet et du maire d’Amiens, avec la participation du procureur de la république traite des sujets thématiques en associant les acteurs concernés : les bailleurs sociaux sur le bâti, Ametis sur les transports publics, les établissements scolaires sur la violence à l’école, les professions médicales et les grands services publics sur la sécurité de leurs interventions.

Des résultats quantitatifs mais aussi qualitatifs

Les très bons résultats depuis l’été 2012 sont désormais consolidés :

  • La baisse marquée des violences urbaines est désormais confirmée, et atteint –43% (d’août 2012 à décembre 2013) avec 287 faits de violences urbaines en moins. On relève notamment une chute de –29% des incendies de véhicules et une baisse de plus de –53% des incendies de poubelles. À cet égard, les polices administratives sont pleinement mobilisées en appui de la ZSPZone de Sécurité Prioritaire. Afin de prévenir les troubles à l’ordre public, près de 25 arrêtés préfectoraux réglementant la vente de carburant à emporter ou d’acide chlorhydrique, l’utilisation d’artifices ou encore de lanceurs de paint-ball ont été pris depuis l’été 2012.
  • La baisse des vols se poursuit également. Depuis août 2012, on note une baisse de –18% des atteintes aux biens (–398 faits), une baisse de 11% des cambriolages (21 faits de moins) et une baisse de 32% des vols de véhicules (87 faits de moins)
  • L’amélioration de la coopération entre services de sécurité, de renseignement et la plus grande territorialisation des investigations de la police judiciaire continuent de permettre le démantèlement d’importants réseaux de trafic de stupéfiants (à titre d’exemple, saisie de plus de 40 kilos de cannabis par la sécurité publique les 9 et 22 octobre derniers). Par ailleurs, une action systématique et hebdomadaire est menée contre les petits trafics de cages d’escaliers. Sur un an, le nombre d’infractions relatives à la législation sur les stupéfiants est ainsi passé de 255 à 468 faits (soit +83% d’augmentation).
  • Enfin, les atteintes à la tranquillité publique ont été réduites grâce à la présence renforcée d’effectifs sur la voie publique, notamment des « patrouilleurs de la ZSPZone de Sécurité Prioritaire ».

Outre les retours positifs des élus, un questionnaire d’évaluation qualitative du ressenti de la population sur les actions engagées a été réalisé en juin 2013. De façon générale, et même si la moitié des sondés jugent la ZSP « moyennement sûre » (50,66%), 48,69% des personnes interrogées constatent un impact assez voire très positif du dispositif mis en place dans le cadre de la ZSP.

D’après les personnes sondées, les actions prioritaires à mener sur la ZSP d’après les sondés sont la sécurisation (65%), la prévention (18%) et l’activité économique et sociale (10%). Une deuxième vague de cette évaluation est en cours, afin de permettre de mesurer l’évolution du ressenti de sécurité des habitants.


L’action des patrouilleurs

Au-delà des bons résultats, afin de retisser le lien de confiance entre la police et la population et pour tendre à un apaisement durable, le préfet a installé en septembre 2013 une unité de 18  patrouilleurs dédiés à la ZSP et présents tous les jours de 14h à 22h (2 patrouilles de trois fonctionnaires en permanence). Cette unité de la DDSP de la Somme a réalisé 100 interpellations depuis sa création. Son action est complémentaire de celle des forces mobiles, dont l’action reste déterminante dans l’apaisement général du quartier.


Le développement des partenariats et de la prévention produisent également des résultats

En parallèle de l’action du COCSI, chaque semaine, un comité opérationnel des partenariats (COP) est co-présidé par le Préfet et le Maire d’Amiens. À titre d’exemple, depuis la création de la ZSPZone de Sécurité Prioritaire :

  • La coopération renforcée avec les partenaires a permis la signature de conventions de sécurisation renforcée avec le délégataire de transports publics ou encore avec ERDF et d’une nouvelle convention de coordination police nationale/police municipale ;
  • La ville d’Amiens a installé, dès l’été 2013, 4 caméras fixes supplémentaires et 2 caméras mobiles sur la ZSPZone de Sécurité Prioritaire, opération financée à 50% par le FIPD ;
  • Une réunion de sécurité des chantiers est organisée chaque semaine entre le bailleur, les entreprises du bâtiment, la police nationale et la police municipale ;

Enfin, la prévention de la délinquance a été renforcée. Le procureur de la République a mis en place le 5 février 2013 un GLTD « mineurs » afin de permettre des échanges nominatifs sur les cas des mineurs du quartier et leur suivi socio-judiciaire. Un plan de prévention prioritaire a été arrêté à l’été 2013 et est en cours de mise en œuvre, conjointement avec le parquet d’Amiens. Le FIPD, en hausse de 50% en 2013, a été concentré sur la ZSP (61% des crédits) et sur les jeunes (69%). Toutes ces actions trouvent leur prolongement dans le travail de préfiguration du futur contrat de ville en cours d’élaboration en lien avec la ville d’Amiens.

Les violences urbaines dans les autres quartiers

Globalement, sur l’ensemble des secteurs couverts par la DDSP, on peut constater une forte baisse de 21.57 % des violences urbaines. En effet, si 992 faits de violences urbaines étaient enregistrés en 2012, on voit ce nombre descendre à 778 faits en 2013.

On relève ainsi notamment, entre 2012 et 2013, une baisse de –10% des incendies de véhicules, de –38% des jets de projectiles.

3/ Après une année historique sur les routes de la Somme, la mobilisation doit rester totale

En 2013, le nombre d’accidents est en baisse de 14,4% par rapport à 2012. Le nombre de tués diminue de 23,1% et celui des blessés présente une baisse de 10,1% par rapport à l’année 2012.

  2013 2012
Accidents 463 541
Dont mortels 37 48
Tués 40 52
Blessés 614 683

L’année 2013 continue de s’inscrire dans la tendance baissière constatée depuis 2001 et constitue l’année qui a connu la plus faible accidentalité jamais enregistrée.

  1971 2001 2010 2012 2013
Accidents 2693 1144 630 540 463
Tués 233 111 51 52 40
Blessés 3964 1570 801 683 614
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Profil des victimes

Même si la part des tués de cette catégorie diminue, les conducteurs de véhicule léger (VL) restent les plus représentés parmi les victimes de la route. Au moins un véhicule léger est impliqué dans 89 % des accidents.

La part de l’accidentalité des deux-roues motorisés (cyclomoteurs et motocyclettes confondus) reste stable. En 2013, les usagers de deux roues motorisés sont impliqués dans 27% des accidents. Dans 57 % des cas d’accidents mortels impliquant un deux roues motorisé, c’est l’usager du deux roues qui est responsable de l’accident.

Après deux années sans victime cycliste tuée, on déplore 4 cyclistes tués en 2013, soit 10% des victimes tuées. 8% des accidents ont impliqué un cycliste, faisant 33 blessés cyclistes. La ville d’Amiens concentre 62% des accidents impliquant un cycliste (74% en 2012).

En 2013, 2 piétons ont été tués (5% des victimes tuées) et 86 ont été blessés (14% des blessés). Le nombre d’accidents impliquant un piéton est stable par rapport à 2012 mais la part des blessés « piéton » évolue de 11% en 2012 à 14% en 2013. La ville d’Amiens concentre 61% des accidents impliquant au moins un piéton, faisant  65% des blessés piétons du département (contre 60% en 2012).

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Par âge
En 2011 et 2012, c’est la tranche d’âge 25-44 ans qui était la plus représentée dans l’accidentalité. En 2013, cette tranche d’âge reste la plus représentée parmi les victimes blessées (36% des blessés). En revanche c’est la tranche d’âge 45-64 ans qui est la plus représentée (30%) dans la victimes tuées.

Les 18-24 ans restent malgré tout particulièrement concernés puisqu’ils représentent 20% des tués et 18% des blessés (22% des victimes en 2012) et seulement 10% de la population de la Somme. On peut noter que, comme en 2012, dans un quart des accidents mortels, le responsable a moins de 25 ans.

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Principaux facteurs d’accidents

Comme en 2012, les premières causes d’accidents sont le refus de priorité (23%) et le défaut de maîtrise du véhicule (22%), avant la vitesse (14%). Ce dernier facteur représentait 13% des accidents en 2011 et 18% en 2012.

La vitesse est la première cause d’accident mortel (27%). Cependant, sa part diminue de 8 points par rapport à 2012 pour revenir au niveau de 2011. La cause « alcool », deuxième cause d’accident mortel (24%), et la cause « refus de priorité », troisième cause (13%), sont quasi-stables par rapport à 2012.

Répartition de l’accidentalité par zones

En 2013, 68% des accidents mortels (25 accidents) ont eu lieu sur les routes départementales situées en zones rurales (14% sur voies communales –5 accidents- et 16% sur autoroutes – 6 accidents). La ville d’Amiens concentre 42% des accidents et 42 % des blessés mais 10 % des tués.

La mobilisation des forces de l’ordre

114 770 infractions à la vitesse ont été relevées par les 28 radars fixes du département, soit une baisse de 16% par rapport à 2012, traduisant ainsi une prise de conscience des automobilistes, qui a un impact direct sur l’accidentalité. Au demeurant, 1819 suspensions administratives de permis de conduire ont été prises en 2013 et 24 véhicules ont été immobilisés et mis en fourrière.

Les actions de préventions déployées en 2013 se poursuivront en 2014

En 2013, un nouveau document général d’orientation (DGO) 2013/2017 a été signé par le préfet, le président du Conseil général et le président de l’association des maires de la Somme. Ses priorités sont :

  • L’accidentalité des jeunes
  • L’accidentalité deux roues motorisés
  • La lutte contre l’alcool
  • La lutte contre la vitesse
  • La lutte contre les comportements dangereux, facteurs accidentogènes (non-respect des priorités notamment)
  • La  protection des usagers vulnérables (cyclistes, piétons)

Chaque année, le plan départemental d’actions de sécurité routière (PDASR) permet de mettre en œuvre des actions de prévention dans des champs d’action diversifiés. En 2013, le PDASR du département de la Somme a permis de mettre en œuvre 80 actions à enjeu prioritaire, notamment vers les usagers de deux-roues motorisés ou les jeunes.

Parmi les principales actions, on peut noter l’organisation des actions suivantes :

-  La participation au forum de l’étudiant d’Amiens

-  La participation au « relais calmos » sur l’aire de la baie de Somme

-  Le village de la sécurité routière à Abbeville

-  La participation au village de la mobilité d’Amiens Métropole

-  L’opération reprise du guidon à destination des deux-roues motorisés

-  Les assises régionales de la sécurité routière

-  L’opération carton rouge à destination des piétons et des cyclistes

-  La rentrée de la sécurité routière

-  Le passage de permis AM pour la conduite de cyclomoteurs animé par la DDSPdirection départementale de la sécurité publique de la Somme

-  Les rencontres de la sécurité

Plusieurs campagnes de sensibilisation à destination des jeunes et de la lutte contre l’alcool au volant ont été menées via les média locaux.

Un dispositif spécifique de soutien au déploiement de radars pédagogiques a été mis en place en 2013, permettant à 25 communes de bénéficier d’une aide financière ou d’une cession d’un radar pédagogique à titre gracieux.

Enfin, les forces de l’ordre ont réalisé des opérations de sensibilisation, dans le milieu scolaire et auprès des élus ruraux, sur les problématiques de sécurité routière.

Le préfet demande la poursuite de la mobilisation en faveur de la sécurité routière, pour faire reculer encore l’accidentalité sur les routes de la Somme.