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Cérémonie sud-africaine du centenaire de la bataille du Bois Delville

 
 
Cérémonie sud-africaine du centenaire de la bataille du Bois Delville

Jean-marc Todeschini, secrétaire d'État chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire ; Pascale Boistard, secrétaire d'État chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie et Philippe De Mester, préfet de la Somme, ont participé ce mardi 12 juillet 2016, à la cérémonie sud-africaine du centenaire de la Bataille du Bois Delville à Longueval, présidée par Jacob Zuma, président d'Afrique du Sud.

 

Discours prononcé par Jean-Marc Todeschini lors de cette cérémonie :

Seul le prononcé fait foi.

 "Au matin du 15 juillet 1916, 3 153 hommes de la 1ère brigade d’infanterie sud-africaine reçoivent l’ordre de s’emparer « à tout prix » du bois Delville

Après six jours et cinq nuits de combats acharnés, le 20 juillet 1916, la majorité des soldats est tuée ou blessée. Les combats furent si violents que les troupes renommèrent « Delville wood » en « Devil wood » (le « Bois du diable »).

La bataille provoqua une si grande émotion, elle fut un si grand choc, que Longueval est devenu le lieu où la nation sud-africaine se recueille et pense à tous ses morts. Longueval est l’allégorie de la souffrance, le symbole du sacrifice de tous les soldats sud-africains.

Pour commémorer leurs morts de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre de Corée, c’est à Longueval que les autorités sud-africaines ont décidé d’ériger un lieu de mémoire en hommage à leurs soldats.

C’est sur le territoire français qu’une partie de la mémoire sud-africaine s’est écrite, comme s’est écrite celle de plusieurs autres nations.

A quelques centaines de mètres de nous se trouve ainsi le cimetière de Caterpillar Valley, haut lieu du souvenir de la Nouvelle-Zélande. La mémoire de la Somme est celle de l’Europe et de tous les continents.

Mais la mémoire du bois Delville est aussi celle d’une injustice. Elle est le miroir de l’histoire de l’Afrique du Sud, dans ses heures glorieuses comme dans ses heures sombres. Elle est le reflet de l’histoire de l’apartheid.

Il a fallu du temps pour qu’ici soit pleinement reconnue la participation des Noirs au sein de l’armée sud-africaine.

Longtemps, en raison de l’apartheid, leur rôle a été masqué. Tandis que les anciens soldats blancs recevaient médailles, honneurs et décorations, tandis qu’ils étaient enterrés dans un seul et même lieu, les Noirs restaient à part, dans l’ombre et dans l’exclusion.  L’apartheid séparait même les tombes.

Le temps de l’injustice est terminé. Celui de la vérité est advenu. Plus personne n’ignore aujourd’hui que 83 000 soldats noirs ont apporté une contribution décisive à l’effort de guerre sud-africain.

C’est à Longueval, le 6 juin 2014, à l’occasion du vingtième anniversaire de la fin de l’apartheid, que le premier soldat noir sud-africain tombé en France, Beleza Miengouai, fut inhumé au cœur du mémorial.

Ce geste symbolique a mis un terme à une profonde injustice.

La mémoire doit porter un message, celui de la vérité, et une ambition, celle de la réconciliation.

Vive l’amitié entre la France et l’Afrique du Sud !"