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Bilan des activités estivales proposées aux jeunes des quartiers prioritaires d’Amiens

 
Bilan des activités estivales proposées aux jeunes des quartiers prioritaires d’Amiens

Les jeunes amiénois des quartiers prioritaires ont pu profiter, cet été 2013, du programme "Ville Vie Vacances" (VVV) que le préfet de la Somme a souhaité réactiver après plusieurs années de veille, en partenariat avec la Ville d’Amiens, le Conseil général de la Somme et la Caisse d’allocations familiales (CAF).

Former des citoyens dans les quartiers difficiles

Créé en 1982, ce dispositif s’intitulait initialement « opération anti-été chaud ». Il s’agissait à l’époque de répondre à la problématique de la délinquance estivale à Lyon, qui avait connu des troubles lors de l’été 1981. Plus tard appelé « opération prévention été », les pouvoirs publics ont reconnu ses qualités en termes de prévention de la délinquance, et ce notamment au moment des émeutes urbaine de 2005.

En 1995, le dispositif prend le nom de « Ville, Vie, Vacances » (VVV). Plus que la prévention de la délinquance, il s’agit de réintroduire dans le tissu social des jeunes dont l’environnement familial, scolaire ou social n’est pas privilégié. Les jeunes sont alors accompagnés, pendant les vacances, en l’absence de cours, afin de les sensibiliser à l’esprit citoyen, à la diversité, au partage et au vivre ensemble.

Au delà de permettre à tous un égal accès au loisir et à l’éducation, même en dehors de l’école, le programme « Ville, Vie, Vacances » participe à former des citoyens.

VVV cible principalement les jeunes de 12 à 15 ans issus majoritairement des quartiers éligibles aux Contrats Urbains de Cohésion Sociale (CUCS), même si les jeunes de 11-18 ans des quartiers prioritaires sont tous concernés, notamment dans le dispositif qui a été proposé cet été. Les activités proposées par VVV et ses partenaires sont diverses, et peuvent aller du sport aux arts et à la culture.

Ville, Vie, Vacances à Amiens : une centaine d’activités dont de nombreux séjours en dehors du département

Télécharger le catalogue des activités

Réactivée à la demande du préfet, la cellule départementale VVV voit participer les très nombreux acteurs œuvrant à l’insertion sociale de jeunes amiénois des quartiers prioritaires.

Contribuent à ce programme de solidarité les services de l’Etat (la Préfecture, la Direction départementale de la cohésion sociale, la Direction départementale de la sécurité publique, la Gendarmerie nationale, l’Unité Territoriale de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (UT DIRECCTE Somme), la direction des services de l’Éducation nationale, la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), le Parquet d’Amiens), des collectivités territoriales (Ville d’Amiens, Conseil général de la Somme) et d’autres partenaire, principalement la Caisse d’Allocations Familiales (CAF).

1 - Les séjours de vacances organisés par la Ligue de l’enseignement

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L’association « Ligue de l’enseignement de la Somme » a proposé, en partenariat étroit avec les services de l’État, 12 séjours de 9 jours répartis entre le 15 juillet et le 24 août 2013 sur 3 sites différents (4 séjours par lieu) :

• MEAUDRE en Isère (38) ;

• SAMOENS en Haute-Savoie (70) ;

• KERGUELEN dans le Morbihan (56)

Ciblage des jeunes :

Chaque séjour pouvait bénéficier à 10 jeunes (soit une capacité de 120 jeunes au total). De nombreux acteurs de terrain ont été mobilisés pour cibler les jeunes et proposer les séjours à leurs parents. Le réseau des collèges et lycées des quartiers y ont participé, ainsi que les responsables associatifs, les éducateurs de rue, les médiateurs, les animateurs de la Ville d’Amiens et les travailleurs sociaux.

151 pré-inscriptions ont été enregistrées. 107 jeunes sont partis en séjours sur les 113 inscriptions confirmées, soit 6 jeunes qui ne se sont pas présentés au moment du départ.

Encadrement :

L’encadrement pour chaque séjour était assuré par un directeur et deux animateurs (la réglementation impose 1 accompagnateur pour 12 jeunes).
Les jeunes ciblés ont été ceux considérés comme les plus en difficulté.
Les activités proposées étaient à dominante sportive (canyonisme, spéléologie, escalade, voile, plongée…).

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Financement de l’opération :

Le coût total de l’opération a été de 225 556 euros (CAF : 120 000 € ; ACSé : 40 000 € ; Conseil général de la Somme : 20 000 € ; Ville d’Amiens : 20 000 €). Il restait à charge, pour les familles, après l’obtention des aides de la CAF, via le dispositif « Chèques Vacances », environ 7,50 euros par jeune et par jour.

Répartition par quartier d’habitation :

• Amiens-Nord : 28%

• Amiens Sud-Est : 39%

• Etouvie : 28%

• Autre quartier CUCS : 7%

Bilan qualitatif de l’opération

Sur le total des séjours, seuls 3 jeunes, qui avaient été orientées par la PJJ, ont été renvoyés à Amiens avant le terme du séjour pour inadaptation à la vie en collectivité.

Le ressenti exprimé par la majorité des bénéficiaires est très positif : cadre agréable, bonne organisation, encadrement perçu positivement, sentiment d’avoir passé de vraies vacances (activités sportives nombreuses, repos, plaisir).

Ils estiment en tirer une expérience personnelle positive et constructive : vie en collectivité, découverte de nouveaux paysages, rencontre de jeunes d’autres quartiers…

2 - Le dispositif  "VVV Défense" du Ministère de la Défense

Les quartiers prioritaires d’Amiens ont également été ciblés par le Ministère de la Défense, dans le cadre du dispositif « Ville Vie Vacances Défense », qui fait l’objet d’un protocole signé avec le Ministère en charge de la ville.

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Une dizaine de jeunes âgés de 13 à 18 ans a participé à un des 2 stages proposés par le Ministère de la Défense grâce à une subvention de 5000 € de l’ACSé.Encadrés par la PJJ, les jeunes sont partis 6 jours la seconde moitié de juillet.Un premier groupe s’est rendu à Saint-Mandrier, dans le Var, du 14 au 18 juillet 2013. Ce séjour a connu un retour anticipé des jeunes, la veille du départ prévu, pour mauvais comportement. En revanche, un deuxième séjour a eu lieu à Querqueville, dans la Manche, du 15 au 19 juillet. Ce dernier a bénéficié d’un comportement irréprochable des jeunes. À l’Ecole des Fourriers, école de la Marine nationale à vocation interarmées, ils ont participé à des activités sportives nautiques et à des activités culturelles (visite d’un mémorial et de la Cité de la mer). Ils ont pu découvrir le métier de militaire tout en étant initiés au secourisme.

3 - Le dispositif de "médiation nomade" de l’UFOLEP

Depuis cet été, deux animateurs de l’UFOLEP, financés par l’État, vont dans la rue à la rencontre des jeunes les plus isolés pour leur proposer des activités sportives le soir, dans les gymnases de la mairie d’Amiens. La médiation entamée permet un premier travail de "raccrochage"

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Un grand nombre de jeunes en situation de « décrochage de vie sociale » ne passent jamais dans les structures sociales traditionnelles. Ils sont très isolés et livrés à eux-mêmes. L’objectif du dispositif de « médiation nomade » est d’aller au devant de ces jeunes au sein des quartiers les plus difficiles afin d’instaurer un dialogue en leur proposant dans un premier temps des activités sportives du soir (19h-22h).Ces activités dites « passerelles » sont un prétexte pour travailler avec ces jeunes à un projet de resocialisation, même modeste (inscription dans un club sportif structuré, Service Civique, participation à un chantier de jeunes, etc.).

Ce dispositif fait l’objet d’une collaboration étroite entre les services de l’État et l’association UFOLEP. Il a été renforcé durant l’été grâce au partenariat établi avec la ville d’Amiens (deux postes d’animateurs UFOLEP supplémentaires, financés par la collectivité, pour un total de 4 animateurs) pour développer le travail de médiation et l’offre d’activités sportives du soir au sein du quartier Amiens-Nord).

Bilan :

Quantitativement, 300 jeunes différents ont été approchées dans la une phase de médiation nomade. Sur ces 300 jeunes, environ 80 jeunes se sont rendus dans les différents gymnases pour les activités sportives du soir.

L’instauration d’un climat de confiance envers ces jeunes qui n’ont pas entretenu de liens étroits avec un adulte référent depuis des mois, voire des années, se fait dans la durée. 15 jeunes ont d’ores et déjà pu bénéficier cet été d’un accompagnement individualisé (CV, recherche de formation). Cette action a pu contribuer, en partie, à la sérénité du quartier Amiens-Nord cet été.

4 - Formation au permis "AM" en faveur des jeunes des quartiers prioritaires

56 jeunes des quartiers prioritaires (16 en avril 2013 avec l'APAP et 40 cet été) ont suivi une formation gratuite (par sessions de 6) encadrée par la Police nationale et débouchant sur l’obtention de leur permis AM (ex-Brevet de Sécurité Routière), qui permet la conduite d'un cyclomoteur (moins de 50 cm3) et de voiturettes.

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Sur deux jours, le stage comprenait une formation théorique et pratique de 7 heures. Les séquences de conduite ont eu lieu sur piste, devant le stade de la Licorne à Amiens, ou en ville. Les jeunes ont été orientés par différentes structures (PJJ, lycée Romain Rolland d'Amiens, association ALCO). Le coût total du projet s'est élevé à près de 10 000 €.

La sécurité routière, évidemment, a été placée au cœur de l’action, essentiellement sur les dangers liés à la conduite d'un deux roues motorisé. Mais cette dernière a également permis de nouer ou renouer un contact entre les jeunes et la police, par une large contribution des policiers à l'encadrement de la formation. Plusieurs temps d'échanges ont eu lieu, notamment sur la découverte du métier de policier et sur la citoyenneté.

Une remise des permis en préfecture

32 jeunes étaient présents à la remise des permis AM par le préfet, qui a eu lieu le mardi 10 septembre à l'hôtel préfectoral en présence du directeur départemental de la sécurité publique et de l’adjointe au maire d’Amiens en charge de la sécurité.

5 - Les actions de loisirs proposées aux jeunes par la ville d’Amiens ou au titre du CUCS, avec le milieu associatif

66 actions estivales ont été recensées en faveur des jeunes amiénois, au titre du CUCSContrats urbains de cohésion sociale État-Ville-Département ou au titre des activités « jeunesse » de la ville d’Amiens. 28 ont été proposées par le milieu associatif et 38 par la mairie. Des actions nouvelles ont vu le jour en 2013.

Le CUCSContrats urbains de cohésion sociale-État a notamment soutenu les sorties culturelles ou de loisir des centres Jacques Tati, de Prolifiks records, du CSC Étouvie, du Théâtre du Sagittaire, de l’association ALCO ou de CAPS.

Les actions sportives proposées au sein des gymnases le soir (médiation nomade UFOLEP), dans le parc Saint-Pierre et le parc du grand marais, ainsi qu’au sein de l’Odyssée, ont connu un vif succès.

Les centres d’animation jeunesse (Centres de loisirs pour adolescents), qui ont proposé des offres d’activités et de séjours de qualité ont connu pour certain une augmentation allant jusqu’à 35 % par rapport à 2012 (exemple : centre d’animation jeunes (CAJ) de l’Odyssée).

Les actions nouvelles ont enregistré un vif succès telles que l’action « Ovale Beach » (animation de plage autour de la balle ovale – démonstration – matches) ou l’action « Beach volley et soccer ». C’est à la fois un public de jeunes mais aussi composé de familles qui se sont retrouvés pour partager des moments de loisirs.

Enfin, le nombre de jeunes filles qui ont participé aux activités estivales est élevé. Elles étaient majoritaires pour certaines activités culturelles et comptaient pour plus d’un tiers pour les séjours de vacances organisés par la Ligue de l’enseignement. Elles étaient présentes sur la quasi-totalité des activités sportives proposées.

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